Portrait de la fondatrice.

Q : Jessica, Terea vit aujourd’hui une nouvelle édition. Qu’est-ce qui a déclenché cette transformation ?
Cette édition est une évolution. Une respiration naturelle dans la vie d’une entreprise qui grandit, mûrit, s’affirme. J’ai fondé mon premier spa en 2015, avec l’énergie d’une jeune femme de 25 ans, beaucoup d’intuition et un sens inné du toucher. Les soins étaient là, le cœur était là, mais je n’avais pas encore cette confiance que j’ai aujourd’hui. En 2023, en rouvrant une nouvelle adresse, j’ai senti qu’il fallait aller plus loin : redéployer, agrandir et surtout assumer. Cette édition n’est pas un simple agrandissement de murs, c’est l’agrandissement d’une identité. C'est l'affirmation d'une femme qui a grandi et qui a surtout compris que sa vision méritait d'être portée dans toute son ampleur. Terea, est devenu un chapitre plus vaste, plus profond, plus représentatif de moi dans toute ma compléxité.
Q : Tu dis souvent que Terea est indissociable de toi. Pourquoi ?
Parce que Terea est né de mon corps, de ma sensibilité, de mes failles autant que de mes forces. J’ai des particularités qui ont façonné ma lecture du corps, une thyroïdite frustre, une scoliose qui oblige le corps à se rééquilibrer en permanence, le SII avec diverticulose, une polyarthrite, des troubles anxieux depuis très jeune et une peau très sensible. Je n’ai pas construit Terea pour être dans la tendance. Je l’ai construit parce que j’en avais besoin. J’ai été mon propre cobaye, mon premier terrain d’étude. Chaque geste que j’ai créé m’a d’abord soulagée, réalignée, comprise. Terea, c’est littéralement une extension de mon corps et de mon histoire.
Q : Avant d’entrer dans l’univers du spa, ton parcours académique suivait une direction différente. Comment tout cela a-t-il commencé ?
À l’adolescence, tout s’est joué très tôt. Au collège, j’étais censée subir une opération importante du dos en raison d’une scoliose sévère. Je portais un corset depuis mes 12 ans un compagnon quotidien qui m’a suivie jusqu’à mes 16 ans. Cette étape a été déterminante pour mon avenir. Le choix d'orientation devait se faire alors même que mon corps était sous surveillance médicale stricte.
J’ai redoublé ma troisième pour attendre l’intervention, me préparer au un an d'immobilisation et de complications. Et finalement, cette opération que l’on disait inévitable a été annulée. La rigueur avec laquelle j’ai porté le corset, l’efficacité de la massothérapie, le renforcement musculaire… tout a fonctionné au-delà des prévisions. Les facteurs de risque se sont atténués, les contraintes se sont desserrées. Mais à ce moment-là, j’étais déjà engagée dans une voie que l’on m’avait présentée comme “sûre”. Le chirurgien demeurait défavorable à toute orientation vers les métiers physiques ou paramédicaux, malgré l’amélioration. Alors j’ai poursuivi mes études de gestion et de droits commerciaux, même si, intérieurement, mon attrait pour les métiers du corps, la kinésithérapie et la thalassothérapie était toujours présent.
Q : Quel a été le déclic qui t’a menée vers la spa-thérapie ?
Après mes années de bac, j’ai entrepris des démarches pour une reconversion professionnelle. Malgré le contexte médical, je ressentais clairement que mon chemin devait rester lié au toucher et au Soin. L'esthétique était obligatoire pour s'orienter dans la spécialité de la Spa-thérapie. C'était une voie légitime, accessible, et surtout cohérente. Faire un an d'esthétique était le compromis, pour enfin toucher mon but.
Q : Comment ces particularités ont-elles influencé ta manière de créer les soins ?
Elles ont tout changé. Elles m’ont donné une vision plus fine, plus pragmatique, de la façon dont le corps s'auto-régule naturellement. J’ai compris qu’un soin ne pouvait pas être seulement un protocole : il doit être une lecture. Une adaptation. J’ai structuré mes chorégraphies en m’appuyant sur des professionnels qui m’ont éclairée. J’ai modélisé mes propres ressentis, mes douleurs, mes apaisements. Cette approche est devenue l’expertise Terea, une technicité profondément vivante.


Q : Tu dis que Terea n’est pas un spa conventionnel. Qu’est-ce qui le distingue réellement ?
Tout.
Chez Terea, tu ne trouveras pas de massage ayurvédique, de massage californien, ni de Soins énergétiques à proprement parlé appelé "Soins holistiques". Je respecte profondément ces pratiques, mais elles ne me ressemblent pas. Elles sont protocolaires, reproductibles. Moi, j’ai besoin d’exactitude, d’ajustement, de lecture. Terea est un spa non conventionnel, conçu pour cultiver l'équilibre de Soi. Je parle du mécanisme du corps, de sa mémoire, de ses réponses, de sa régénération. L’énergétique existe, bien sûr, mais elle n’est pas le fil conducteur. Chez Terea, rien n’est mystique.
Q : En quoi cette édition marque-t-elle une affirmation personnelle ?
Cette fois-ci, j’ai tout repris en main. Absolument tout : la création, la direction artistique, les supports, l’écriture, les visuels, l’identité de marque, la scénographie… Chaque détail est passé par mon regard, mon exigence, mon ressenti. Jusqu’ici, beaucoup tentaient d’interpréter ce que j’avais en tête, de décoder mon univers sans réellement s’y immerger. On me collait des esthétiques, des codes, des symboles qui n’avaient rien à voir avec moi. J’ai vu passer de l’orchidée, du bambou, du rose poudré, du mauve, des ambiances « orientales »… tout ce que je n’aime pas (rire). Au début, je ne disais rien. Je pensais sincèrement : “Ce sont les professionnels, ils savent mieux”. Mais avec le recul, je me suis rendu compte qu’en cherchant à faire confiance, je m’effaçais. On tentait de donner une forme à Terea sans chercher à comprendre la mienne. Pour cette édition, je n’ai rien laissé passer. Pas par arrogance, pas parce que je pense avoir la science infuse, mais parce qu’il était temps de reconnaître une évidence. Terea a été pensé, construit et porté par une seule personne ; moi. Et celle qui peut en parler avec le plus de justesse, c'est celle qui l'a conçu.